ONU: la Libye compare Gaza aux camps de concentration, les Occidentaux protestent
Il y a 12 heures
NEW YORK (AFP) — La France, suivie d'autres pays occidentaux, a claqué mercredi la porte d'une réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient après que l'ambassadeur de Libye eut comparé la situation à Gaza à celle des camps de concentration nazis, selon des diplomates.
L'ambassadeur de Libye, Giadalla Ettalhi, "a comparé la situation à Gaza à celle des camps de concentration" nazis durant la Seconde guerre mondiale, a déclaré à la presse l'un de ces diplomates, sous couvert de l'anonymat.
L'ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, "a alors oté son oreillette, s'est levé et a quitté la salle, suivi par les autres ambassadeurs occidentaux", a-t-il ajouté.
L'incident a mis fin abruptement à la réunion, qui avait été convoquée à la demande de plusieurs délégations pour discuter de la situation à Gaza. La délégation du Costa Rica avait souhaité qu'un texte soit adopté sur cette situation, ce qui n'a pu être fait.
"Les Etats membres n'ont pas pu se mettre d'accord", a indiqué l'ambassadeur d'Afrique du sud, Dumisani Kumalo, qui préside le Conseil en avril.
Après la séance, l'ambassadeur de Syrie, Bachar Jaafari, est venu à la rescousse de son collègue libyen. "Malheureusement, ceux qui se plaignent d'avoir été les victimes d'un génocide (pendant la Seconde guerre mondiale) répètent le même genre de génocide contre les Palestiniens", a-t-il dit à la presse.
Depuis plusieurs mois, les réunions sur le Proche-Orient au Conseil de sécurité se terminent souvent sur des constats de désaccord et donnent lieu à des débats acrimonieux et des déclarations peu diplomatiques.
Le chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) dans la bande de Gaza, John Ging, a décrit mercredi les conditions humanitaires à Gaza comme étant "tout simplement épouvantables".
"Dix mois de sanctions dévastatrices empêchent la population civile d'avoir une vie digne", a-t-il dit. L'UNRWA et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont averti qu'ils cesseraient jeudi leurs distributions de nourriture à un million de Palestiniens à Gaza si Israël ne reprenait pas ses distributions de carburant destinées aux véhicules.
Israël a cessé ses distributions de carburant pour les véhicules de la bande de Gaza après une attaque palestinienne, le 9 avril, contre le terminal de carburants de Nahal Oz, entre le nord de la bande de Gaza et Israël. Deux gardes israéliens avaient été tués.
Mercredi, l'Etat hébreu a repris partiellement ses livraisons de fioul destiné à la centrale électrique de la ville de Gaza après une suspension d'une semaine, selon l'armée israélienne.
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